L'ambitieux plan de la RDC pour relancer son agriculture

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Le président congolais, Joseph Kabila, découvre le projet d'exploitation de l'entreprise sud-africaine Africom dans une ferme de la province du Bandundu, le 15 juillet 2014. RFI/Léa-Lisa Westerhoff
Radio France Internationale |

L'ambitieux plan de la RDC pour relancer son agriculture

Le président congolais Joseph Kabila a inauguré, mardi 15 juillet, le premier parc agro-industriel destiné à relancer l’agriculture et doper le développement de son pays. La République démocratique du Congo importe chaque année pour un milliard et demi de dollars de denrées alimentaires (1,1 milliard d'euros). Sur le site de Bukanga Lonzo, au nord-est de Kinshasa, 50 000 hectares de terre vont être mis en exploitation par une entreprise sud-africaine, le tout pour un investissement de l’Etat de 83 millions de dollars.

Un gigantesque tracteur Massey Fergusson rouge défile devant le président Joseph Kabila. Quelques secondes plus tard, un petit avion épandeur survole les invités. Pour l’inauguration du premier site d’agro-industrie dans la province du Bandundu, l’entreprise sud-africaine chargée de l’exploitation de ces milliers d’hectares en friche, Africom, a mis les petits plats dans les grands.

Former 10 000 Congolais

Autour des invités, les terres s’étendent à perte de vue. Il n'y a pas d’eau courante ni d’électricité pour le moment. Mais pour Krister Kobler, le représentant d’Africom, il n'y a pas de doute : transformer ces terres en culture est un bon investissement. « La terre est très fertile ici, les pluies sont abondantes. Et il y a des forces qui travaillent dur », explique-t-il.

L’objectif, en cinq ans, est d’embaucher et de former 10 000 Congolais à l’agriculture extensive, de transformer les 50 000 hectares en champs de maïs, ainsi que 10 000 hectares en culture irriguée de légumes. Le gouverneur du Bandundu, province désertée par les industries depuis les années 1960, est ravi : « C’est plus que vital, parce que ça va apporter du travail pour les populations, estime Jean Kamisendu Kutuka. Notre taux de chômage est autour des 90 %. Il faut que ces gens de l’industrie reviennent s’installer dans la province, donner de l’emploi, augmenter un peu les revenus. »

Attentes immenses

Depuis quatre mois, 300 Congolais travaillent déjà sur la ferme. Les attentes sont immenses : en termes de travail, mais aussi de nourriture. Le Congo importe pour un milliard et demi de dollars (soit environ 1,1 milliard d'euros) chaque année, et n’arrive pas à nourrir tout ses habitants.

Pour le lancement de ce premier parc agro-industriel, le gouvernement congolais a mobilisé 83 millions de dollars (environ 61 millions d'euros), dont 53 millions de dollars doivent servir à la mise en production du site, et une trentaine de millions pour la production et la distribution d’électricité. L’Etat promet d’autres investissements similaires : six provinces congolaises devraient profiter de projets agro-industriels de ce type d’ici 2020.

« Trop d'argent dans les guerres »

Pour le ministre congolais de l’Agriculture, cet investissement se veut un tournant. « Dans ce pays, on a mis trop d’argent dans les guerres. Nous devons entrer dans la diversification. Il y a un problème social à résoudre, celui de l’alimentation et la nutrition. Il y a un problème économique à résoudre, c’est de créer un marché interne », explique Jean-Chrysostome Vahamwiti, qui ajoute que le projet est aussi un message adressé aux investisseurs : « Nous disons : venez au Congo avec de grands projets. Nous sommes grands, nous devons faire de grandes choses. »

Original source: RFI
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