Des paysans roumains unis contre l'accaparement des terres agricoles

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Le Figaro | 24.04.2013

Des paysans roumains unis contre l'accaparement des terres agricoles

Par Éric de La Chesnais

L'accaparement des terres agricoles concerne aussi l'Europe et notamment la Roumanie, cinquième pays européen en terme de superficie agricole. Des paysans d'Ecoruralis dénoncent la mainmise des sociétés multinationales sur près d'un million de terres arables, soit 6% des superficies cultivables roumaines.

Des terrains qu'elles louent à leur propriétaire 100 euros de l'hectare pour toucher ensuite 130 euros d'aides européennes directes par hectare avant même d'avoir cultiver un acre. 

Apparaissent sur la vidéo, Stéphanie Roth, coordinatrice d'ARC 2020, Attila Szocs, diplômé d'un master environnement membre d'Ecoruralis en charge de la PAC en Roumanie et Dan Cismas, co-président d'Ecoruralis et agriculteur de 14 hectares en Roumanie également. Regardez...



La Roumaine est le cinquième pays agricoles en terme de superficie agricole derrière la France, l'Espagne, la Pologne et l'Allemagne. Après la restitution des terres aux propriétaires initiaux,
 


La France Agricole | le mardi 23 avril 2013

Accaparement des terres
Tournée de sensibilisation de deux agriculteurs roumains

Loin d'être réservé aux pays en développement de l'hémisphère Sud, l'accaparement des terres concerne aussi l'Europe, notamment l'Europe de l'Est. Pour attirer l'attention sur ce phénomène, deux responsables de l'association roumaine Eco-Ruralis (membre de la coordination européenne de la Via Campesina), Attila Szocs et Dan Cismas, entamaient, le 23 avril 2013 à Paris, une tournée européenne consacrée à l'accaparement des terres en Roumanie et en Europe de l'Est.

En Roumanie, l'« or noir », cette terre riche en humus et très bon marché comparé aux prix d'autres pays européens attire les investisseurs étrangers en masse, a expliqué Attila Szocs, ingénieur agricole et administrateur d'Eco-Ruralis, lors d'une conférence de presse organisée à Paris dans le cadre de la campagne Good Food Good Farming (1). « Ajoutez à cela une main-d'œuvre très bon marché et un climat favorable aux investissements étrangers : tout conduit à une spéculation importante sur les terres arables roumaines. Surtout depuis l'entrée de la Roumanie dans l'Union européenne, car l'attribution de paiements directs par hectare est une incitation supplémentaire à acquérir des terres. »

Alors que, devant la complexité des dossiers administratifs, les petits paysans renoncent parfois à demander des DPU sur 3 hectares de terres (SAU moyenne dans le pays), les multinationales voient tout de suite l'intérêt qu'elles peuvent tirer de ces acquisitions de terres. Or, même si des lois empêchent en théorie les non-Roumains d'acheter des terres arables dans le pays, tout étranger créant une entreprise enregistrée en Roumanie peut ensuite acquérir des terres arables, explique Attila Szocs. Résultat : environ 800.000 hectares (6 % des terres arables du pays) seraient aux mains de sociétés étrangères, selon Eco-Ruralis.

« Les investisseurs étrangers proposent des contrats de vente ou de location sur dix ans, mais les conditions sont souvent opaques, dénonce Attila Szocs. Il en résulte une dépossession des paysans locaux, un exode rural qui s'accentue dans certaines zones et une hausse du prix des terres qui empêche les Roumains d'avoir accès à la propriété foncière dans leur propre pays. »

L'association Eco-Ruralis se défend d'être nationaliste : « Nous n'avons rien contre les investisseurs étrangers, si seulement ils contribuaient au développement économique local. Mais ils arrivent avec leurs grosses machines pour produire à leur manière, et n'offrent pas de travail aux populations rurales. »

Pour Dan Cismas, agriculteur roumain qui exploite 14 hectares, « la différence ne vient pas de la nationalité des acheteurs, mais de leur façon d'utiliser la terre. Ceux qui cherchent uniquement à "exploiter" la terre, au lieu de la nourrir, sont les accapareurs. »

(1) La campagne Good Food Good Farming mobilise plusieurs ONG pour sensibiliser les citoyens européens aux questions agricoles et alimentaires.

B.L.

Original source: Le Figaro
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