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Investir dans les terres agricoles a des conséquences, avise l'UPA

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Le Soleil | 8 février 2013

Investir dans les terres agricoles a des conséquences, avise l'UPA

Claudette Samson
Le Soleil

(Québec) Les gestionnaires de fonds de retraite ont soif de revenus, et les terres agricoles, qui ont connu une hausse de valeur de 400 % en 20 ans, apparaissent fort alléchantes. Mais attention, de tels investissements ne sont pas sans conséquence, avertit l'Union des producteurs agricoles (UPA).

Charles-Félix Ross, directeur de la Direction des recherches et politiques agricoles au sein de l'organisation, s'adressait mercredi à Québec à des gestionnaires de caisses de retraite.

Dans la salle, des représentants de grandes entreprises, Industrielle Alliance, Mouvement Desjardins, Standard Life ou même la CARRA, qui gère les retraites des fonctionnaires québécois, et aussi des actuaires et des conseillers en placements qui répondaient à l'invitation de l'Institut canadien de la retraite et des avantages sociaux (ICRA).

Cette organisation sans but lucratif a pour mission d'informer et d'éduquer les gestionnaires pour les aider à faire de bons choix, indique Brigitte Gascon, qui siège au conseil d'administration.

Fonds d'investissements

Ce n'est pas pour rien que l'ICRA a invité M. Ross à parler du phénomène de l'accaparement - ou financiarisation - des terres, qui consiste en l'achat, par des intérêts financiers à la recherche de rendements, de grandes parcelles de terres arables. L'organisation et plusieurs de ses membres ont en effet été sollicités par les représentants d'au moins un fonds d'investissements agricoles, explique Mme Gascon. L'organisation a donc voulu présenter un portrait de la situation et des conséquences appréhendées d'un tel phénomène.

«C'est une question de responsabilité sociale. On ne dit pas aux gens quoi faire; après, c'est le choix de chacun», dit-elle.

Selon M. Ross, l'accaparement des terres par des intérêts financiers privés n'augure rien de bien bon pour l'avenir de l'agriculture. Au Lac-Saint-Jean, où la Banque Nationale a acheté quelques milliers d'hectares de terres, les prix se sont envolés. Une bonne affaire pour les vendeurs, mais une moins bonne pour la relève qui a de moins en moins les moyens d'acquérir une ferme.

Le phénomène demeure encore marginal au Québec, mais plusieurs fonds s'activent; tout récemment, la Caisse de dépôt et placement du Québec a elle-même annoncé son intention d'embaucher un analyste d'investissements en terres agricoles et forestières, une nouvelle qui a suscité un certain émoi dans le milieu agricole.

Une politique forte

La seule façon de contrer les conséquences négatives de l'accaparement des terres est d'encadrer le processus par une politique agricole forte, dit M. Ross. L'UPA propose la création d'une société d'État à cette fin. La Société d'aménagement et de développement agricole du Québec pourrait se financer par l'émission d'obligations garanties par le gouvernement.

Elle aurait pour mission d'acheter des terres pour favoriser leur transfert vers la relève. Il s'agirait d'une forme d'investissement responsable, dit M. Ross.

Il reconnaît que l'idée de créer une nouvelle société d'État n'emballe guère les politiciens par les temps qui courent. Mais il croit que cela pourrait se faire assez simplement en transformant une organisation déjà existante, l'important étant d'abord d'avoir une structure transparente.

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