Atelier national sur le partage des résultats de l’étude et la mobilisation des OSC pour le lancement d’une campagne de plaidoyer autour de l’accaparement des terres

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"Nous lançons un appel aux décideurs politiques pour qu’ils préservent le patrimoine foncier et culturel des communautés locales et promeuvent l’agriculture familiale pour assurer la souveraineté alimentaire au Cameroun"
Atelier national sur le partage des résultats de l’étude et la mobilisation des organisations de la société civile pour le lancement d’une campagne de plaidoyer autour de l’accaparement des terres

au Cameroun
du 5 au 7 décembre 2011

Centre Jean XXIII de Mvolyé – Yaoundé

DECLARATION

Nous, organisations de la société civile camerounaise réunies à Yaoundé les 5, 6 et 7 décembre 2011 au Centre Jean XXIII de Mvolyé dans le cadre d’un atelier national sur l’accaparement des terres, avons examiné les résultats de l’étude-diagnostic sur le phénomène de l’accaparement des terres afin de décider des actions à mener.

Considérant que la grande volatilité des prix des denrées alimentaires sur les marchés internationaux, principale cause des « émeutes de la faim » entre 2007 et 2008, la production accrue d’aliments pour assurer la sécurité alimentaire des Etats, la demande mondiale d’agrocarburants comme produits de substitution des énergies fossiles dont les besoins sans cesse croissants accentuent leur relative rareté, la demande mondiale du bois, des produits forestiers, des minerais et les initiatives planétaires pour le développement d’une économie verte, la crise financière et économique qui fait peser d’énormes craintes pour les économies mondiales ont favorisé le développement du phénomène de l’accaparement des terres ;

Considérant que ce phénomène désigne l’usage de moyens inéquitables pour acquérir à des fins de profit, d’importantes superficies de terres dont la taille est disproportionnée par rapport aux exploitations agricoles familiales et qu’il prive les communautés locales et riveraines de leurs ressources naturelles, culturelles ainsi que de leurs moyens de subsistance ;

Considérant qu’au niveau mondial, la demande de terres agricoles est passée d’une moyenne annuelle de 4 millions d’hectares en 2008 à 45 millions d’hectares en 2009 (Rapport Banque Mondiale), et que cette dernière est sans cesse croissante ;

Considérant qu’au Cameroun :
  • plus de 358 000 hectares accaparés sont recensés selon l’étude sus- mentionnée ;
  • les acquisitions sont faites dans le flou, rendant l’étendue du phénomène difficile à déterminer ;
  • les études faites dans les sites affectés montrent que la cession de ces étendues entraine de nombreuses perturbations socio-culturelles, économiques, environnementales, structurelles… touchant à la dignité humaine.
Des constats ci-dessus, il ressort que les conflits se multiplient, les populations riveraines perdent leurs moyens de subsistance, la vie socio- culturelle est troublée... et qu’à long terme, l’économie et la souveraineté alimentaire nationales sont compromises.

Devant ce phénomène, Nous, organisations de la société civile signataires de la présente déclaration :
  • Aspirons à une société dans laquelle les communautés locales ont un accès durable à la terre et peuvent mener leurs activités dans des conditions décentes ;
  • Décidons de créer une coalition des organisations pour lutter contre l’accaparement des terres.
Nous nous fixons comme mission de :
  • Documenter le phénomène de l’accaparement des terres ;
  • Sensibiliser, informer et mobiliser largement les parties prenantes ;
  • Défendre les droits coutumiers des communautés spoliées de leurs terres ;
  • Accompagner les personnes concernées par le phénomène.
Nous nous engageons à mener une campagne de plaidoyer sur le thème : « Contre l’accaparement des terres : défendons les droits des communautés pour garantir l’accès durable à la terre ».

Nous invitons les populations concernées à ne pas brader leurs terres en cédant au gain facile et aux pressions des accapareurs ;

Nous lançons un appel aux décideurs politiques pour qu’ils préservent le patrimoine foncier et culturel des communautés locales et promeuvent l’agriculture familiale pour assurer la souveraineté alimentaire au Cameroun.

Fait à Yaoundé, le 7 décembre 2011
Original source: COPAGEN
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