Un monde fou envahit Dakar : Tous contre le néolibéralisme

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Photo : Manoel Santos, Altermundo

Walf Fadjiri | 7 février 2011

Les altermondialistes ont chanté, dansé et marché, hier, pour la naissance d’un monde nouveau. Dakar qui les accueille retiendra ce cliché dans lequel apparaît un monde fou, animé par le désir de combattre l’hégémonie, la dictature, le monopole sans partage du néolibéralisme sur les richesses du monde. Des moments de retrouvailles internationales où la culture dans sa diversité a veillé à l’endurance des marcheurs.

Ils sont venus des quatre coins du monde pour se donner rendez-vous, hier, devant les grilles de la Rts et ont marché jusqu’au campus universitaire pour un monde nouveau. La mobilisation était à la hauteur de l’événement qui a eu à fédérer plusieurs facettes de la culture du monde. À 14 heures déjà, le ‘Triangle Sud’ était devenu, le temps d’une après-midi de rassemblement, trop étroit pour contenir une foule d’alter mondialistes en délire. Ils sont animés tous par un même objectif : ‘Combattre l’injustice sociale, économique, culturelle et politique dans le monde’.
 

Photo: Stefan Christoff via Flickr

Du monde, il y en avait à perte de vue. Et l’ambiance était à son summum. Sur place, la délégation ghanéenne s’emporte au rythme des tubes fétiches du chanteur Féla Kutti, d’Alpha Blondy, de Youssou Ndour ou encore du rappeur Didier Awadi. Les Marocains, tout en sueur, s’agitent dans la cadence du Dakha Marakchia, une musique traditionnelle. Pendant ce temps, les membres de l’Ong ‘Sans Voix du monde’, regroupant une vingtaine de nationalités africaines, noient leurs amertumes dans des envolés lyriques sur fond de dénonciations face à l’oppression, à l’expulsion et à l’accaparement des terres dont sont victimes les populations démunies.

Un peu plus loin du centre de la foule, quatre échassiers arrivés d’Allemagne toisent les militants du changement, du haut de leurs silhouettes tout en rouge, balayant du regard la longue file des marcheurs. Le Collectif pour la défense des terres malgaches est, quant à lui, impressionné par la statue Malaw debout dans la foule. Mais, à tout seigneur, tout honneur, les délégations sénégalaises ont aussi marqué de leurs empreintes la caravane jusqu’à son point de chute. L’Ong Usoforal ou l’Union en Diola, aura séduit par la danse traditionnelle du Kumpo, pour une prise en charge sérieuse du dossier casamançais, marqué par une rébellion vielle de plus trente ans. Les villageois de Djguinoum partis du Calounaye marquent leur détermination aux sons du Bakk Diola et font l’attraction des photographes.
 

Photo : Manoel Santos, Altermundo

La Fédération démocratique des écologistes du Sénégal alerte sur les dangers qui guette notre planète, sous un folklore assourdissant des ‘Assiko’. Pendant ce temps, la troupe Angol des villages Bassari, dans la région de Kédougou, reste figée dans le viseur des caméras étrangères curieuses de découvrir cette autre facette de la culture sénégalaise. Ces danseurs étaient habillés en pagnes courts, les épaules et le cou perlés, le ventre ceint d’une plaque métallique. Ils ont dansé le Yanguët des initiés.

L’ambiance était à son paroxysme. Le maire de la Ville de Dakar, Khalifa Sall, qui est arrivé une demi-heure plus tard, donne le coup d’envoi de la marche. Les convois peuvent alors s’ébranler en direction du campus universitaire en passant par le rond-point de la Poste de Médina, la Maison de la Culture Douta Seck et l’Avenue Cheikh Anta Diop. Le tout sous une bonne escorte de la police nationale, déployée en nombre suffisant, tout au long du trajet.

Parmi les sommités internationales, qui ont tenu à être présents à la manifestation, figuraient le président bolivien, Evo Morlez, la première secrétaire du Parti socialiste français, Martine Aubry. Aux côtés des leaders politiques et syndicaux du pays comme Ousmane Tanor Dieng du Ps, Moustapha Niasse de l’Afp, Amath Dansokho du Pit, Mody Guiro de la Cnts, ils ont bravé le soleil. Ils se sont mis à scander, deux heures durant et sans relâche, nombre de slogans : ‘Ma terre est ma richesse : touches pas à ma terre’ ; ‘Non aux mensonges d’Etat’ ; ‘Ils veulent nous tuer’ ; ‘Djibo Kâ empoisonne notre eau’.

A 16 heures et quelques minutes, les marcheurs arrivent à leur point de chute où les attendait un imposant podium. Les musiciens allaient reprendre le flambeau de la contestation d’un monde fait d’injustice et d’inégalité après différentes allocutions des leaders.

Abdoulaye SIDY

Original source: Walf Fadjiri
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