Gabon : Notre terre, leur business!
Koaci | 05/06/2012

GABON : Notre terre, leur business!
Communique de Presse d'Attac Gabon

    
GABON - LE 5 JUIN 2012 - KOACINAUTE - La célébration de la journée internationale de l’environnement ce 5 juin nous offre l'opportunité de porter une fois de plus le regard sur l'avenir que nous voulons pour notre planète face au défi des changements climatiques.

L'échec des différentes discussions internationales sur la question depuis le sommet de Copenhague et l'opportunisme des négociations officielles en cours au sein de la Conférence des Nations Unies Rio+20 n'augure rien de mieux aux peuples déjà touchés par les conséquences désastreuses des changements climatiques. Loin de trouver de réelles alternatives pour la planète, on assiste plutôt à une marchandisation de la question climat avec de fausses solutions à l'image du concept « d'économie verte » qui ne consiste aucunement en un réel changement de cap mais une pérennisation de ces mêmes politiques à l'origine de l'amplification du phénomène.

La crise écologique émane elle même d'une crise plus profonde du capitalisme néolibéral qui touche bien d'autres aspects sociaux qu'économiques. Ses modes de production et de consommation, sa course effrénée aux ressources de la planète nous conduisent vers un futur de plus en plus incertain. Entre pollutions, sécheresses, famines, tarissement des ressources en eau, avancé des déserts, destruction des forêts le lot des conséquences désastreuses de cette logique est éloquent.

L’Afrique déjà plongé dans une crise sociale et économique permanente doit encore faire face aux conséquences de plus en plus désastreuses des changements climatiques. Si hier seules ses ressources sous terre attisaient la prédation des systèmes néocolonialistes et néolibéraux, aujourd'hui se sont ses terres qui sont en train d’être bradées. Ces nouvelles agressions contre les peuples africains, encouragées par le tout nouveau concept « d'économie verte » à terme ruinera le tissus socio-culturel des communautés ainsi spoliées tout en fragilisant la souveraineté de ces nations .

Au Gabon, le phénomène prends des proportions vertigineuses quand on sait que plus de 300.000 hectares de terres sont déjà en train d’être cédés à des multinationales. Une mobilisation générale s'impose afin de faire valoir le droit des communautés à disposer de leurs terres. Une campagne axée sur cet problème est en préparation.

Attac Gabon affirme sa désapprobation totale du concept « d'économie verte » telle que présentée par la désormais « communauté climatique internationale » et promeut des solution des peuples pour les peuples. Nous réaffirmons une fois de plus notre soutien à toutes les mobilisation en cours au Gabon contre les tentatives d'accaparement des terres que ce soit à Libreville ou dans d'autres provinces du Gabon.

Attac Gabon organisera du 20 au 23 juin « Libreville + 20 », une plate-forme d'échange de différents acteurs nationaux sur les questions environnementales et de développement durable. Une délégation d'Attac Gabon sera également présente aux cotés d'autres organisations de la société civile et mouvement sociaux à Rio pour le sommet des peuples et les autres mobilisations prévues au Brésil.

Libreville, le 5 juin 2012
Attac Gabon
URL to Article: https://farmlandgrab.org/post/view/20598

Source: Koaci 
http://koaci.com/articles-75430

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