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Le Soir | 27/11/2025
« Coût financier et humain énorme » : « Médor » dénonce une procédure-bâillon de la part de Socfin
Le média indépendant belge « Médor » a dénoncé une procédure-bâillon de la part de l’entreprise Socfin (Société financière des caoutchoucs), détenue par Hubert Fabri et le groupe Bolloré.
Par Belga
En 2019, à la suite de la publication d’une enquête sur les activités cambodgiennes de l’entreprise Socfin – détenue par Hubert Fabri et le groupe Bolloré –, cette dernière avait attaqué le média indépendant Médor devant la justice pénale luxembourgeoise. Une affaire qui s’est conclue le 30 avril dernier sur un non-lieu pour prescription, mais qui aura coûté non seulement du temps et de l’énergie, mais surtout beaucoup d’argent au magazine d’investigation. Il dénonce jeudi ce qu’il considère comme une procédure-bâillon, et il n’est pas le premier à en accuser le géant de l’huile de palme et du caoutchouc.
Après la publication de l’enquête « Socfin/Cambodge : les terres rouges des Bunongs perdues à jamais », le journaliste auteur et la directrice du magazine avaient été convoqués devant un juge d’instruction, qui les avait inculpés pour diffamation et/ou calomnie ainsi que pour injure-délit, rappelle Médor. Un an plus tard, le parquet annonçait qu’il n’avait pas l’intention de poursuivre le magazine, l’affaire aboutissait sur un non-lieu ne permettant donc pas à la publication d’être totalement innocentée dans la procédure. Une procédure qui aura coûté en termes de stress, de temps, mais aussi d’argent – 18.424,7 euros exactement ; soit une somme qui aurait pu mettre le média en péril si elle n’avait pas été en partie couverte par ses assurances.
Tentative d’intimidation
Pour Médor, la procédure lancée par Socfin n’est rien d’autre qu’une procédure-bâillon, donc une tentative d’intimidation, qui visait à « épuiser physiquement, psychologiquement et financièrement » le média pour « le réduire au silence ». « Pour Socfin, entreprise d’envergure mondiale, qui dispose de gigantesques ressources financières, cette procédure ne coûte rien. Pour un journaliste indépendant et un média comme Médor, le coût financier et humain est énorme. Il existe donc un rapport de force totalement déséquilibré. »
Ce n’est pas la première fois que l’entreprise Socfin est pointée du doigt pour ses méthodes. En 2019 encore, les mêmes critiques avaient été formulées par des ONG quand Socfin avait engagé des poursuites pour diffamation à l’encontre de FIAN Belgium et du CNCD-11.11.11, entre autres. En avril dernier, Bloomberg a publié une longue enquête « Les barons du caoutchouc » dans laquelle elle affirme qu’ensemble Socfin et Bolloré ont intenté des poursuites contre au moins 50 journalistes et ONG, la plupart d’entre elles ayant été « perdues, retirées ou rejetées ».
En 2019, à la suite de la publication d’une enquête sur les activités cambodgiennes de l’entreprise Socfin – détenue par Hubert Fabri et le groupe Bolloré –, cette dernière avait attaqué le média indépendant Médor devant la justice pénale luxembourgeoise. Une affaire qui s’est conclue le 30 avril dernier sur un non-lieu pour prescription, mais qui aura coûté non seulement du temps et de l’énergie, mais surtout beaucoup d’argent au magazine d’investigation. Il dénonce jeudi ce qu’il considère comme une procédure-bâillon, et il n’est pas le premier à en accuser le géant de l’huile de palme et du caoutchouc.
Après la publication de l’enquête « Socfin/Cambodge : les terres rouges des Bunongs perdues à jamais », le journaliste auteur et la directrice du magazine avaient été convoqués devant un juge d’instruction, qui les avait inculpés pour diffamation et/ou calomnie ainsi que pour injure-délit, rappelle Médor. Un an plus tard, le parquet annonçait qu’il n’avait pas l’intention de poursuivre le magazine, l’affaire aboutissait sur un non-lieu ne permettant donc pas à la publication d’être totalement innocentée dans la procédure. Une procédure qui aura coûté en termes de stress, de temps, mais aussi d’argent – 18.424,7 euros exactement ; soit une somme qui aurait pu mettre le média en péril si elle n’avait pas été en partie couverte par ses assurances.
Tentative d’intimidation
Pour Médor, la procédure lancée par Socfin n’est rien d’autre qu’une procédure-bâillon, donc une tentative d’intimidation, qui visait à « épuiser physiquement, psychologiquement et financièrement » le média pour « le réduire au silence ». « Pour Socfin, entreprise d’envergure mondiale, qui dispose de gigantesques ressources financières, cette procédure ne coûte rien. Pour un journaliste indépendant et un média comme Médor, le coût financier et humain est énorme. Il existe donc un rapport de force totalement déséquilibré. »
Ce n’est pas la première fois que l’entreprise Socfin est pointée du doigt pour ses méthodes. En 2019 encore, les mêmes critiques avaient été formulées par des ONG quand Socfin avait engagé des poursuites pour diffamation à l’encontre de FIAN Belgium et du CNCD-11.11.11, entre autres. En avril dernier, Bloomberg a publié une longue enquête « Les barons du caoutchouc » dans laquelle elle affirme qu’ensemble Socfin et Bolloré ont intenté des poursuites contre au moins 50 journalistes et ONG, la plupart d’entre elles ayant été « perdues, retirées ou rejetées ».