Vote de protestation contre l’accaparement des terres de SOCFIN en Sierra Leone

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Les citoyens de la chefferie de Malen ont massivement voté pour Shiaka Musa Sama.

FIAN Belgium | 30.03.2018

Communiqué de presse

Vote de protestation contre l’accaparement des terres de SOCFIN en Sierra Leone

Freetown, 28 mars 2018 - Un candidat indépendant, défendant les droits des communautés locales affectées par les activités du groupe agroindustriel SOCFIN dans la chefferie de Malen, a été élu au Parlement national. Un message clair des communautés locales qui réclament une enquête indépendante et un processus de dialogue pour trouver une solution pacifique au conflit foncier.

Le 7 mars 2018 se tenait le premier tour des élections locale, nationale et présidentielle en Sierra Leone. Les citoyens de la chefferie de Malen (circonscription électorale n°104, dans le district de Pujehun, Province Sud de la Sierra Leone) ont massivement voté pour le candidat indépendant Shiaka Musa Sama pour les représenter au Parlement national.

De 2013 à mars 2018, Shiaka Sama a été le porte-parole de l’organisation communautaire MALOA (Malen Land Owners and Users Association). MALOA s’est constitué en 2012 pour défendre les droits des communautés locales affectées par l’accaparement des terres du groupe belgo-luxembourgeois SOCFIN. M. Sama a recueilli plus de 70 % des suffrages avec 8664 votes, contre 3088 votes pour le candidat SLPP (parti de l’opposition) et seulement 279 votes pour le candidat de l’APC (parti au pouvoir depuis dix ans). C’est la première fois depuis 1967 qu’un candidat indépendant est élu au Parlement national en dehors des partis traditionnels. Les citoyens de Malen ont également élu 3 candidats indépendants, pour les représenter au niveau local, au sein du conseil du District de Pujehun.

Par ce vote les citoyens de Malen entendent envoyer un message très clair au nouveau gouvernement qui sera désigné à l’issue du processus électoral (le deuxième tour des élections présidentielles a été reporté au 31 mars). « Je souhaite faire de ce vote un vote de protestation ! » a déclaré Shiaka Sama lors d’une interview avec des représentants de FIAN Belgium à Freetown le 20 mars. FIAN salue la décision du nouveau parlementaire de se retirer de MALOA pour éviter les conflits d’intérêt. « Un nouveau porte-parole de MALOA a été désigné. A présent, je vais continuer à mener mon combat pour la défense des droits humains et des droits fonciers au sein du Parlement. ».

Depuis mars 2011, le groupe SOCFIN (partie du groupe Bolloré), a acquis une concession de 18.000 ha dans la chefferie de Malen pour établir une plantation industrielle de palmiers à huile. Dès le départ les communautés ont dénoncé l’accord foncier, qui a été réalisé sans leur consentement et dans un manque de transparence. Plusieurs actions de dénonciation et de résistance ont été menées par les communautés et ont été parfois violemment réprimées par les forces de sécurité. Plusieurs dizaines de membres de MALOA ont été arrêtés et emprisonnés dans le cadre de ce conflit foncier.

FIAN Belgium soutient le combat des communautés de Malen depuis 2012. Lors d’une nouvelle mission de recherche menée en Sierra Leone du 18 au 28 mars 2018, deux représentants de FIAN ont une nouvelle fois documenté les impacts de l’accaparement des terres sur les conditions de vie des communautés rurales de Malen, qui dépendent directement de l’accès à la terre et aux ressources naturelles pour leur survie.

« Il est urgent de trouver une issue au conflit foncier ! » a déclaré Florence Kroff, coordinatrice de FIAN Belgium, à l’issue de la mission. « Nous espérons que le message des citoyens de Malen sera entendu par le nouveau gouvernement ». Pour sortir du conflit, FIAN Belgium demande qu’une enquête indépendante soit menée et qu’un processus de dialogue permettant de protéger les droits humains des communautés soit mis en place. Ce processus doit être mené par une institution réellement indépendante avec l’appui d’une expertise internationale. Plusieurs procédures ont été initiées par les communautés, mais jusqu’à présent elles ont échoué à cause du manque de volonté politique et de l’absence de collaboration de SOCFIN et des autorités locales.

Original source: FIAN Belgium
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