« Nous ne croyons pas en l'investissement agricole responsable »

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Les organisations convoquées à la consultation ont formulé une vision critique du concept d'investissement agricole responsable (iar), en le comparant dans certains cas à celui de « responsabilité sociale des entreprises », à travers lequel certaines entreprises cherchent à atténuer ou dissimuler les effets de leurs politiques sur les populations.

Radio Mundo Real | 13.8.2013 | Español English

« Nous ne croyons pas en l'investissement agricole responsable »

Les mouvements sociaux d'Amérique latine et des Caraïbes ont débattu, lors de la consultation régionale, du type d'investissements nécessaires au développement rural

Peut-on qualifier de « responsable » un investissement considérant les territoires comme des sources de profit ? Les États membres de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) doivent-ils légitimer l'accaparement des terres ou des ressources en eau par le biais d'une « certification » de responsabilité ? Quelles sont les politiques nécessaires en matière de ressources publiques permettant de parvenir à un réel développement rural ?

Telles sont les questions, parmi tant d'autres, qu'ont formulées, les 7 et 8 août derniers à Bogotá (Colombie), les organisations ayant pris part à une consultation continentale visant à discuter du concept d'investissement agricole responsable (iar) en cours de d'élaboration par le Comité de la sécurité alimentaire mondiale.

Le point de départ a bien sûr été la réalité d'un continent, l'Amérique latine, et d'une région, les Caraïbes, regorgeant de mégaprojets agricoles à grande échelle, lesquels déplacent paysans et peuples autochtones, de mégabarrages hydroélectriques inondant des peuples vivant sur les territoires concernés depuis des millénaires ou d'entreprises transnationales envahissant de semences transgéniques la diversité biologique de la région.

Face à cette situation, il a été très clair que les organisations convoquées à la consultation par leurs représentants dans le cadre du Mécanisme de la société civile (MSC), qui fonctionne au sein du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA), ont formulé une vision critique du concept d'iar, en le comparant dans certains cas à celui de « responsabilité sociale des entreprises », à travers lequel certaines entreprises cherchent à atténuer ou dissimuler les effets de leurs politiques sur les populations.

Dans cette optique, Valter Da Silva, de la Coordination latinoaméricaine d'organisations paysannes (CLOC-Vía Campesina) a signalé que, derrière les investissements s'autoproclamant « responsables », figure une politique de criminalisation de la production de semences autochtones et paysannes, étant donné que cette dernière représente une menace pour les monopoles des entreprises. Il a indiqué que des politiques d'investissement public doivent être menées afin d'encourager la production de ce type de semences.

Dans son exposé, Da Silva a souligné l'importance de la discussion en ce qui concerne les principes que devraient suivre, selon les organisations revendiquant la souveraineté alimentaire, les investissement (aussi bien publics que privés) dans le domaine de l'agriculture, bien qu'il ait exprimé ses doutes concernant la portée que peuvent avoir ces définitions au sein du CSA sous la forme de politiques mondiales en mesure de contraindre les États à protéger les production paysanne.

Pour sa part, Javier Rivera, paysan de la région de Tuluá, dans la vallée du Cauca (Colombie) et coordinateur du Mouvement agroécologique d'Amérique latine et des Caraïbes (MAELA) pour la région andine a signalé que le concept de responsabilité a servi à obtenir des ressources de la coopération internationale, lesquelles aident rarement les populations à remplir leur tâche réelle.

De plus, il a déclaré que l'Alliance pour la souveraineté alimentaire, qui a récemment vu le jour, devraient entraîner des apports et des outils « pour que, depuis la base, il soit possible de faire face à ces politiques et à ces investissements », lesquels, en ce qui concerne la Colombie, ont servi à déplacer des paysans et à remplacer la production d'aliments par différentes composantes de l'agrobusiness, dont la production d'agrocarburants.

L'Alliance pour la souveraineté alimentaire compte différents représentants sous-continentaux au sein du Mécanisme de la société civile, qui apporteront à Rome (Italie) cette dimension, les principes émanant de l'Assemblée, ainsi que les définitions élaborées lors de cette Consultation ultérieure, à savoir au mois d'octobre.

Original source: Radio Mundo Real
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