Accaparement des terres : Le Cncr appelle l’Etat et les collectivités locales à éviter les décisions non concertées

TWITTER
FACEBOOK
Après les évènements survenus à Fanaye, le Président de la République Abdoulaye Wade a rappelé aux investisseurs que «le Sénégal ne vend pas des terres du domaine national», en précisant toutefois que «Celles-ci peuvent cependant faire l’objet de bail suite à une délibération du conseil rural et approbation de la tutelle».
Walf Fadjri | 29.10.2011

Accaparement des terres : Le Cncr appelle l’Etat et les collectivités locales à éviter les décisions non concertées

La tragédie de Fanaye du 26 octobre 2011 a sonné l’alerte chez le Conseil national de concertation des ruraux (Cncr), qui tient à rappeler à l’Etat, dans un communiqué, l’urgence d’agir en vue de résoudre le problème foncier au Sénégal. Le Cncr, conscient de la sensibilité de la question foncière au Sénégal, reste convaincu que la résolution de ces problèmes ne saurait se régler par la violence entre communautés locales, surtout que d’après cet organisme, les conflits se multiplient et dépassent du coup le cadre rural. ‘L’Etat est interpellé au premier chef sur la prise de décisions foncières. Les collectivités locales aussi doivent éviter de prendre des décisions non concertées, sources de guerres entre populations rurales. Encore faut-il que les populations fassent appel à la justice pour rejeter toute décision infondée ou inéquitable afférente à la terre’, souligne le Cncr. Qui compte accompagner la population pour la défense des intérêts des exploitations agricoles familiales et de toutes les populations rurales.

En outre, le Cncr rappelle que c’est à son initiative et par la mobilisation des forces vives du monde rural que le volet foncier, ‘extrêmement litigieux’, proposé en 2003, a finalement été retiré de la Loi d’orientation agro-sylvo-pastorale (Loasp). D’après le Cncr, l’Etat s’était engagé, au bout de deux ans, à poursuivre et à faire aboutir une réforme foncière consensuelle. Mais, en dépit de cette volonté pacifique de traiter équitablement la question foncière, un nouveau projet de texte, qui visait à créer de vastes zones d’investissements intensifs en immatriculant les terres au nom de l’Etat, a été en 2008 introduit par le gouvernement du Sénégal toujours selon cet organisme.

Le projet de texte, à en croire le Cncr, stipulait que ces terres devaient être cédées à titre de bail, droit de superficie ou titre foncier, uniquement à des investisseurs capables de les mettre en valeur suivant un modèle d’entreprenariat agricole ou d’agrobusiness. ‘Ce qui excluait forcément les exploitations agricoles familiales, une orientation foncière toute différente de celle voulue par le Cncr’, poursuit-il, ajoutant que ce sont là les raisons qui l’ont motivé à rejeter ce projet.

Persuadé que seul le dialogue peut aider à éviter les cas de Fanaye, ces ruraux appellent l’Etat du Sénégal à s’ouvrir à la population rurale et aux organisations qui représentent les exploitations agricoles familiales. ‘L’Etat doit engager immédiatement un processus inclusif de réflexion sur la réforme foncière afin de mieux sécuriser et protéger les droits des populations locales’.

Aujourd’hui, le Cncr souligne qu’il travaille à l’actualisation des propositions des exploitations agricoles familiales sur la question foncière en prenant soin d’y associer les élus locaux, les parlementaires, les services techniques de l’Etat et les universitaires.

Awa THIAM (Stagiaire)

Lire le communiqué complet du CNCR
Original source: Walf Fadjri
TWITTER
FACEBOOK
TWITTER
FACEBOOK

Post a comment

Name

Email address (optional - if you want a reply)

Comment