La Chine sur le point d'acheter des terres québécoises

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Agence QMI | le lundi 15 mars 2010

Une transaction évaluée à plusieurs dizaines de millions de dollars est sur le point de se conclure dans une municipalité située entre Québec et Drummondville, alors que des investisseurs chinois s'apprêtent à acheter une compagnie «connue» spécialisée dans le secteur agroalimentaire ainsi que plusieurs autres propriétés.

C'est ce qu'a confié, hier, l'agent immobilier Pierre Bergeron, alors que ce dernier et son client, un investisseur chinois qui demeure à ce jour anonyme, sont à mettre la dernière main aux détails de l'acquisition. Si la cible de cette transaction n'a toujours pas été rendue publique, elle s'annonce «majeure» selon ce dernier.

«Dans ce village, ça va représenter beaucoup, poursuit l'agent à l'emploi de la firme en conseil immobilier Monaxxion. Il va y avoir des commerces, beaucoup de terrains, des terres avoisinantes, ce sera tout acheté.»

Et l'opération devrait aussi avoir pour conséquence de modifier sérieusement le paysage social dans le secteur, poursuit M. Bergeron. «Dans ce coin, ce sera différent [des autres cibles d'investissement], parce que plusieurs Chinois vont venir s'y installer, affirme-t-il, traçant du coup un parallèle avec la banlieue montréalaise déjà de plus en plus occupée par des immigrants de Chine. Brossard, c'est déjà quelque chose, mais là, ça s'annonce assez spécial.»

Inquiétant pour la relève agricole

L'investissement chinois est d'ailleurs sur toutes les lèvres dans le monde agricole, depuis qu'un reportage diffusé jeudi dernier par Radio-Canada a rapporté que des investisseurs chinois s'intéressent de plus en plus à des terres dans le secteur de Saint-Hyacinthe.

Et si l'intérêt grandissant des investisseurs chinois pour les terres québécoises provoque l'inquiétude chez les jeunes agriculteurs qui craignent ces puissants concurrents d'outre-mer, le ministre fédéral conservateur Jean-Pierre Blackburn estime que le phénomène «pourrait représenter une bonne nouvelle».

À l'occasion du congrès annuel de la Fédération de la relève agricole du Québec, au Château Mont-Sainte-Anne, vendredi dernier, ce dernier a tracé un parallèle avec le fait que des immigrants suisses, dans les années 1970, avaient eux aussi acheté plusieurs terres québécoises avant de s'intégrer à la communauté.

«C'est sûr que, dans un autre contexte agricole, probablement que ça emmène des effets positifs, mais pour la vision des jeunes, on ne pourra pas accepter ça au final», a rétorqué le président de la Fédération.

Pierre Bergeron affirme avoir reçu le mandat de trouver au Canada 40 000 hectares de terres agricoles et 30 000 hectares de terrains boisés, qui serviront tantôt pour l'exploitation agricole, tantôt à la spéculation sur les marchés boursiers chinois.
Original source: Canoë
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